jeudi 13 mars 2008

11 mars 2008 - Las Perlas


Nous allons avec Nora à l’entrée du rio admirer la mangrove et ses oiseaux fins et blancs. La pêche jusqu’à ce jour est infructueuse et se transforme en pêche aux pêcheurs. Ils croulent sous le poisson et nous cèdent leur butin à bon prix. Encore une fois ils sont notre salut.

Johan et Thierry se rendent au village et ramènent à bord deux agents des services maritimes. Nous n’avons pas encore fait les formalités d’entrée au Panama car il aurait fallu pour cela faire l’impasse sur les merveilleuses Perlas et faire feu su Panama city. Quelques bières et amuses gueules suffisent à faire de ces deux hommes nos alliés. Mais le capitaine garde une belle dent contre eux. En raccompagnant les deux bougres dans notre dinghy, ils parviennent à le retourner à l’amerissage. Le hors bord pique un nez dans le sable mais sans dégât. Snapper au déjeuner grâce à nos amis pêcheurs.

10 mars 2008- Las Perlas


L’équipage quitte le navire pour partir à la recherche de cette magnifique plage que nous avions aperçu à l’approche des Perlas. Surprise, en plein centre de l’île nous découvrons une piste d’atterrissage désaffecté sur laquelle la nature commence à reprendre ses droits. Au bout de la piste émergent des roches et la plage aux si belles couleurs, bleu marine, blancheur de l’écume, gris du sable fin, ocre de la terre façonné par les vagues, vert lumineux des feuilles de palmiers et de nouveau le bleu et blanc du ciel et des nuages. Les vagues nous frappent et nous entraînent. Nora roule et s’ensable. Un pélican triste blessé traverse péniblement une à une les stries de cette beauté.

Nous levons l’ancre pour la replanter dans le sable près du rio cacique, sorte de bras de mer qui s’enfonce dans la jungle.

9 mars 2008 - Las Perlas



Las Perlas sont des îles pour la plupart complètement sauvages situées au sud du Panama. Nous ancrons au sud de la plus importante d’entre elles : l’île de Rey (Punta cocos). A l’arrivée un petit accroc.

Trop excités pour regarder attentivement les cartes nous frôlons un rocher et dans l’affolement cassons la tringlerie de la boite de vitesse. Bonne fortune, une barque de pêcheurs nous permet de mouiller sûrement. Ainsi, les maîtres de la mécanique à bord peuvent-ils tranquillement et sans problème corriger la petite défaillance du moteur.

Nous laissons le capitaine à bord et partons à le rencontre des habitants du petit village d’Esmeralda. « Vivre ainsi, c’est un concept » dixit Bibianna. Petit village de pêcheurs au milieu de l’océan la vie semble couler sans vague ni tempête. L’indifférence est le terme qui qualifie le mieux ces habitants. Seule Nora réanime en eux un peu de curiosité. Nous ne rencontrons aucun esprit mercantile. Les pêcheurs nous cèdent leurs poissons presque pour nous faire plaisir. Les dollars ne servent qu’à parier au Bingo le dimanche. Au retour nous devons à nouveau notre salut aux pécheurs de l’île qui libèrent l’hélice de notre dinghy des mailles de leur filet.

3 mars 2008 – 9 mars De Isla Plata aux Perlas.

7 mars 2008

Le rêve de Bibiana se réalise. Tout à coups nous nous retrouvons cernés par plusieurs centaines de dauphins. Les hommes nous lâchent dans le grand bleu. Mais ces gentils cétacés restent prudents et n’osent pas nous approcher. Il faudrait du temps pour apprendre à se connaitre et à s’apprivoiser. Assez batifolé, reprenons notre cap.

Nuit du 8 au 9 mars.

Vent dans le nez, courant contraire, mer bien formée la dernière nuit avant d’atteindre les Perlas est une dure épreuve. Un panne moteur due à au filtre diesel encrassé vient s’ajouter à la nuit de galère. Mais le capitaine garde son sang froid, répare malgré le roulis et tient la barre jusqu’à l’aurore. Au petit matin « TERRE ! ».

Les images de cette navigation hauturière :

- Les dauphins accompagnant les quarts de nuit – faisceau d’étoiles autour du bateau – des anges passent.

- 360° d’océan. Nos vies reposent sur la quille de La Boudeuse.

- Les voiles cabrées sous la force du vent.

- Nora toujours sur le pont à la fois confiante et prudente.

- Eloïse, la force tranquille, sourit à la brise.

- Le ciel empli de milliers d’étoiles.

- Moment de complète liberté, le plongeon dans le grand bleu.

- Le capitaine, valeur sure, audace et obstination.

- Le partage au sein de l’équipage de cette douce folie.

3 mars 2008 – 9 mars De Isla Plata aux Perlas.




Nous quittons notre mini Galapagos et nous dirigeons cap plein nord vers Las Perlas.

Le vent n’est pas de la partie. Et le beau travers que la météo nous prédisait se transforme en près serré. Nous avons parfois l’impression (et ce fut le cas) de traverser un véritable pot au noir. 103h de moteur au total. Pourtant la belle hauturière est pleine de charme, de surprises, de moments de joie, de fatigue parfois et d’imprévus.

4 – 5 mars 2008

Notre équipage s’amarine et s’organise. Personne ne semble souffrir du mal de mer sous un temps il est vrai, très calme. Chacun vaque à ses occupations : un bon bouquin pour Bibi, la rêverie derrière les lunettes noires pour Johan, un bon cigare pour le capitaine, les enfants pour la maman, la malice pour Nora et la paix pour Eloïse.






6 mars 2008

Jour béni, nous passons une partie de la nuit et la journée entière sous voile, bon plein - travers à 5 nœuds. L’allure est confortable et la vie est belle à bord de la Boudeuse.





2 mars 2008 – Isla Plata


De bon matin sous un ciel déchaîné nous tentons de mouiller face à la plage. La deuxième tentative sera la bonne et nous tiendrons jusqu’au lendemain. En juillet août nous avions eu le bonheur d’admirer les baleines qui se regroupent autour de l’île. A cette saison l’île est le refuge de quelques éléphants de mer, de tortues et de multitudes d’oiseaux. Première plongée dans les eaux du Pacifique, mise à l’eau du Kayak, première rencontre avec les pêcheurs qui abordent La Boudeuse des questions plein la tête. Cette halte agréable nous annonce un beau voyage.

1 mars 2008 - Puerto Lucia



Nous ne parvenons pas à y croire. Après trois semaines de reprise en main de La Boudeuse dont une semaine de palabres administratives nous quittons Puerto Lucia en toute légalité. Cap sur Isla Plata. Un bon vent travers nous accompagne jusqu’à l’île à une moyenne de 5 noeuds. Pluies et tornades à l’arrivée, accueillis par les tortues. Sandrine et Bibiana négocient sans peine avec les gardes du parc national pour qu’on puisse passer la nuit…

Puerto Lucia Yacht Club

Le grand atout de cette marina est son climat sec. Nous y avons laissé La Boudeuse un an et demi et la retrouvons sans une once de moisissure. Le principal défaut, c’est les prix élevés et la mentalité yacht club de luxe qui en découle. Un management qui vous fait sentir que vous n’êtes pas les bienvenus… ils préfèrent sans doute les bateaux de luxe aux globes flotteurs ! Mais aussi un manque de franchise et d’appui lorsque les démarches administratives deviennent un peu compliquées. Georges et son équipe peuvent réaliser toute sorte de travaux sur les bateaux. Nous avons fait refaire l’antifouling. Seulement il faut être là pour contrôler l’avancée du chantier. Amitiés encore à Dominique et Sergio et bon vent pour la traversée du Pacifique…